
La réponse courte
Nous divisons l'heure en 60 minutes parce que les Mésopotamiens comptaient en base 60, et non en base 10. Ce système, transmis par les Babyloniens puis repris par les astronomes Grecs et arabes, s'est imposé pour la mesure du temps et des angles. Il a survécu à tous les changements de civilisation parce que le nombre 60 possède une propriété très pratique : il se divisé proprement.
Pourquoi 60 et pas 100 ?
Faites le test. Le nombre 100 se divisé en parts entières par 2, 4, 5, 10, 20, 25 et 50. Le nombre 60 se divisé par 2, 3, 4, 5, 6, 10, 12, 15, 20 et 30. Autrement dit, on peut prendre la moitié, le tiers, le quart, le cinquième ou le sixième d'une heure sans jamais tomber sur une virgule.
Pour des civilisations qui calculaient sans décimales et sans calculatrice, c'était un avantage décisif. Un tiers d'heure fait 20 minutes ; un tiers de 100 aurait fait 33,33. C'est encore la raison pour laquelle nous disons naturellement un quart d'heure ou trois quarts d'heure.
Le compte sur les doigts, version mésopotamienne
L'explication la plus souvent avancée pour l'origine de cette base 60 tient dans une main. Chacun des quatre doigts, hors pouce, comporte trois phalanges, soit douze phalanges au total. On les compte avec le pouce de la même main. Chaque fois qu'on arrive à douze, on lève un doigt de l'autre main. Cinq doigts, cinq fois douze : soixante.
Cette hypothèse reste une reconstitution, mais elle a le mérite d'expliquer d'un coup les deux nombres qui structurent nos horloges : le douze et le soixante.
Et les 24 heures ?
Elles viennent d'Égypte. Les Égyptiens découpaient la nuit en douze parts, repérées par le lever successif de groupes d'étoiles, et appliquaient par symétrie le même découpage au jour. Douze de nuit, douze de jour : vingt-quatre.
Mais attention, ces heures-là n'avaient rien à voir avec les nôtres.
Le détail qui surprend : l'heure changeait de durée
Pendant l'essentiel de l'histoire humaine, une heure n'a pas eu de durée fixe. On divisait la période de clarté en douze parts, quelle que soit la saison. Résultat : en été, où le jour dure plus longtemps, une heure de jour était plus longue qu'en hiver. Et les heures de nuit, elles, se contractaient.
On appelle cela les heures temporaires, ou heures inégales. Elles collaient à la vie réelle, réglée par le soleil plutôt que par un cadran. C'est l'arrivée des horloges mécaniques en Europe, à partir du quatorzième siècle, qui a imposé des heures de durée égale : un mécanisme bat à rythme constant, il ne sait pas ralentir en hiver.
Ce basculement est plus profond qu'il n'y paraît. On est passé d'un temps donné par la nature à un temps donné par une machine, celui des cloches, puis des horaires de travail.
D'où viennent les mots minute et seconde
Ils racontent la même division en soixante, et ils viennent du latin des astronomes. La première division de l'heure s'appelait pars minuta prima, la première petite partie : c'est devenu la minute. La division suivante s'appelait pars minuta secunda, la deuxième petite partie : c'est devenue la seconde.
Notre vocabulaire quotidien conserve donc, sans qu'on y pense, la trace d'un calcul astronomique médiéval.
Ce que mesure vraiment votre montre
La définition moderne n'a plus rien d'astronomique. Depuis 1967, la seconde est définie à partir d'une propriété de l'atome de césium, ce qui la rend infiniment plus stable que la rotation de la Terre, laquelle ralentit légèrement.
Au poignet, le principe est cousin. Dans une montre à quartz, un minuscule cristal taillé en diapason vibre 32 768 fois par seconde. Ce nombre n'est pas arbitraire : c'est deux puissance quinze, ce qui permet à un circuit de diviser la fréquence par deux quinze fois de suite pour obtenir une impulsion par seconde. Le même héritage babylonien, exécute par de l'électronique.
Les montres assemblées par eHo à Lectoure, dans le Gers, fonctionnent sur ce principe, à partir de composants récupérés.
Dans la même série, voir aussi <à href="/blog/pourquoi-montre-poignet-gauche-n106">pourquoi on porte sa montre au poignet gaucheà> et <à href="/blog/crise-du-quartz-horlogerie-francaise-n107">la crise du quartzà>.
Questions fréquentes
Pourquoi une heure fait-elle 60 minutes ?
Parce que les Mésopotamiens comptaient en base 60. Ce système a été transmis par les Babyloniens puis par les astronomes Grecs et arabes, et s'est maintenu pour la mesure du temps et des angles. Le nombre 60 a l'avantage de se diviser par 2, 3, 4, 5, 6, 10, 12, 15, 20 et 30.
Pourquoi la journée fait-elle 24 heures ?
Les Égyptiens divisaient la nuit en douze parts d'après le lever de groupes d'étoiles, et appliquaient le même découpage au jour. Douze plus douze donne vingt-quatre.
Pourquoi ne compte-t-on pas le temps en base 10 ?
Cela a été tenté. La France révolutionnaire a instauré un temps décimal avec des journées de dix heures, qui n'a pas survécu. L'usage de la base 60 était trop ancre, et surtout plus commode pour prendre le tiers ou le quart d'une heure.
Une heure a-t-elle toujours duré soixante minutes ?
Non. Pendant des siècles, on divisait la durée du jour en douze parts quelle que soit la saison, si bien qu'une heure d'été était plus longue qu'une heure d'hiver. Les horloges mécaniques, à partir du quatorzième siècle, ont imposé des heures de durée égale.
D'où viennent les mots minute et seconde ?
Du latin des astronomes. La première division de l'heure était la pars minuta prima, la première petite partie, devenue minute. La suivante était la pars minuta secunda, devenue seconde.
A quelle fréquence vibre le quartz d'une montre ?
A 32 768 vibrations par seconde, soit deux puissance quinze. Ce choix permet au circuit de diviser la fréquence par deux quinze fois de suite pour obtenir exactement une impulsion par seconde.


