Les montres qui sont allées sur la Lune

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Surface de la Lune vue de près, cratères et relief

Un achat anonyme dans un magasin

Au milieu des années 1960, la NASA doit résoudre un problème trivial en apparence : donner l'heure à ses équipages. Les instruments de bord existent, mais il faut une solution de secours portée au poignet, capable de chronométrer une manœuvre si l'électronique lâche.

La méthode retenue a de quoi surprendre. Plutôt que de lancer un développement spécifique, l'agence charge un employé d'aller acheter plusieurs chronographes du commerce chez un détaillant, sans préciser la destination, afin qu'aucun fabricant ne puisse préparer un exemplaire spécial. Les montres achetées sont ensuite envoyées au laboratoire.

Le protocole de test

Ce que les montres subissent alors n'a rien d'un contrôle qualité ordinaire. Les épreuves enchaînent les extrêmes : chaleur intense puis froid négatif, passages répétés de l'un à l'autre, vide poussé, humidité saturée, atmosphère d'oxygène pur, chocs violents dans plusieurs directions, accélérations, vibrations prolongées et exposition au bruit.

L'objectif n'est pas de savoir laquelle est la plus jolie ni la plus précise en conditions normales, mais laquelle continue de fonctionner quand tout le reste s'arrête. La plupart des candidates ne terminent pas le parcours : verres qui sautent, aiguilles qui se décrochent, mécanismes qui s'arrêtent ou se dérèglent massivement.

Une seule termine les tests en état de marche : le chronographe Speedmaster de la maison Omega, qui se trouve alors être une montre de sport vendue au public depuis plusieurs années. Elle est qualifiée en 1965 pour les missions habitées.

Juillet 1969 : une montre reste dans le module

Le détail est savoureux et souvent mal raconte. Lors du premier alunissage, le 20 juillet 1969, Neil Armstrong laisse sa montre à l'intérieur du module lunaire. La raison est prosaïque : le chronomètre de bord était défaillant, et il valait mieux garder une référence horaire fiable dans le vaisseau pendant que les hommes marchaient dehors.

C'est donc Buzz Aldrin, le deuxième homme à descendre, qui porte une montre à la surface. Celle-ci a connu ensuite un sort peu glorieux : envoyée au musée au début des années 1970, elle a disparu en cours de route et n'a jamais été retrouvée.

Avril 1970 : quatorze secondes

C'est la mission Apollo 13 qui donne à cette histoire sa scène la plus tendue. Après l'explosion d'un réservoir d'oxygène, le vaisseau est privé d'une partie de ses systèmes et l'équipage doit rentrer en improvisant. Une correction de trajectoire impose d'allumer le moteur pendant une durée précise, sans ordinateur pour la contrôler.

Le chronométrage est fait à la main, montre au poignet, sur un allumage de quatorze secondes. La trajectoire est bonne, l'équipage revient vivant. La NASA remettra la même année une distinction à Omega pour la contribution de la montre à ce retour.

Et du côté soviétique ?

Le programme spatial soviétique avait ses propres montres, produites localement. Les cosmonautes portaient notamment des chronographes de la marque Strela, fabriqués par la manufacture Poljot. L'une d'elles accompagne Alexeï Leonov lors de la première sortie extravéhiculaire de l'histoire, en mars 1965.

Le contraste est intéressant : deux programmes rivaux, deux industries horlogères nationales, et la même exigence de base. Une aiguille qui tourne quand plus rien d'autre ne fonctionne.

Ce que cette histoire dit vraiment

On retient souvent de cet épisode une histoire de prestige. Ce n'en est pas une. La montre sélectionnée n'avait rien d'exceptionnel au moment des tests : c'était un modèle du commerce, acheté au prix public, sans passe-droit. Ce qui l'a distinguée, c'est uniquement sa capacité à continuer de fonctionner.

C'est un rappel utile à l'heure d'acheter une montre. La fiabilité ne se lit pas sur l'étiquette de prix, elle tient à des choses simples : un boîtier qui protège, un mouvement éprouvé, un assemblage soigné. Une montre à quartz correctement montée est, sur le seul critère de la précision, plus juste que la plupart des mécaniques de prestige.

Les montres assemblées par eHo à Lectoure, dans le Gers, jouent sur ce registre : un boîtier acier, un mouvement à quartz, des composants récupérés plutôt que produits à neuf.

<à href="https://montres-eho.fr/montres/165-montre-vintage-1929-3411120067793.html" style="text-decoration:none;color:inherit;display:block;">Montre Vintage Argent, montre upcyclee assemblée en France par eHo

Montre Vintage Argent

149 euros

Cadran crème, chiffres romains, boîtier acier. Lisible d'un coup d'œil, ce qui reste le premier critère.

Voir la montre
<à href="https://montres-eho.fr/montres/117-montre-vagabonde-violette-and-verdure--341120066048.html" style="text-decoration:none;color:inherit;display:block;">Montre Verte Vagabonde, montre upcyclee assemblée en France par eHo

Montre Verte Vagabonde

149 euros

Cadran vert et violet. Même construction, avec un parti pris esthétique plus affirmé.

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Dans la même série, voir <à href="/blog/pourquoi-60-minutes-dans-une-heure-n108">pourquoi une heure fait 60 minutes, <à href="/blog/crise-du-quartz-horlogerie-francaise-n107">la crise du quartz et <à href="/blog/pourquoi-montre-poignet-gauche-n106">pourquoi on porte sa montre à gauche.

Questions fréquentes

Quelle montre est allée sur la Lune ?

Le chronographe Omega Speedmaster, qualifié par la NASA en 1965 après avoir été le seul modèle à survivre à une série de tests extrêmes. Il équipait les équipages du programme Apollo.

Comment la NASA a-t-elle choisi cette montre ?

En achetant anonymement plusieurs chronographes du commerce chez un détaillant, pour éviter qu'un fabricant préparé un exemplaire spécial, puis en les soumettant à des tests de chaleur, de froid, de vide, de chocs, de vibrations et d'accélérations.

Armstrong portait-il sa montre sur la Lune ?

Non. Il l'a laissée dans le module lunaire parce que le chronomètre de bord était défaillant et qu'il fallait conserver une référence horaire fiable à l'intérieur. C'est Buzz Aldrin qui portait une montre à la surface.

À quoi a servi la montre lors d'Apollo 13 ?

A chronométrer manuellement un allumage moteur de quatorze secondes pour une correction de trajectoire, alors que l'équipage ne pouvait plus s'appuyer sur les systèmes automatiques.

Les cosmonautes soviétiques portaient-ils des montres ?

Oui, des modèles produits localement, notamment des chronographes Strela de la manufacture Poljot. L'un d'eux accompagne Alexeï Leonov lors de la première sortie extravéhiculaire, en 1965.

Faut-il une montre chère pour qu'elle soit fiable ?

Non. La montre retenue par la NASA était un modèle du commerce acheté au prix public. La fiabilité tient au boîtier, au mouvement et à l'assemblage, pas au prix. Sur le seul critère de précision, une montre à quartz dépasse la plupart des mécaniques.

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